Le festival international de musique de Colmar est, selon son directeur artistique Alain Altinoglu, « le plus grand festival de musique classique d’Alsace ». Il peut se targuer, en effet, de jouir d’une excellente réputation. Bien que les festivals alsaciens de musique classique ne manquent pas (festival de Pâques de Colmar, les Musicales du Rhin…) c’est bien ce rendez-vous estival qui est la référence alsacienne absolue en matière de classique.
Depuis sa création en 1979, il a lieu tous les étés dans la capitale du Haut-Rhin. La 45ème édition se tiendra quant à elle du 5 au 14 juillet 2026. Le directeur artistique du festival, Alain Altinoglu, promet pour cet évènement, « une programmation vivante où la musique classique dialogue avec notre époque et reste ouverte aux influences d’autres répertoires ». Evoluer, s’ouvrir aux différents genres musicales, aux autres cultures, favoriser la rencontre entre jeunes talents et professionnels chevronnés : telle est la ligne directrice du chef d’orchestre français.
Le festival international de Colmar : une histoire riche et une évolution majeure au fil des années
1979 : Un festival né d’une impulsion franco-allemande
Le festival international de musique de Colmar doit sa création, en 1979, à un Allemand du nom de Karl Munchinger. Celui-ci était alors le chef principal de l’orchestre de chambre de Stuttgart. C’est en contemplant le retable d’Issenheim dans la chapelle du Musée Unterlinden, tout en écoutant du Bach, qu’il eut l’idée de créer un festival de musique à Colmar. Au départ, cet évènement avait pour ambition de devenir un « haut lieu de dialogue entre musiques française et allemande ». La ville alsacienne, chargée d’histoire et de patrimoine, avait tout pour s’affirmer comme l’endroit idéal pour accueillir ce projet.
1989 : L’arrivée de Vladimir Spivakov à la direction artistique
Il faudra attendre jusqu’en 1989 pour que le festival atteigne la portée internationale qu’on lui connaît aujourd’hui. C’est l’arrivée du violoniste et chef d’orchestre russe Vladimir Spivakov qui va inscrire le festival dans une dimension mondiale nouvelle. Ce dernier dirigera 32 éditions avec plus de 700 concerts, chacune d’entre elles rendant hommage à un musicien célèbre. Sous l’impulsion de la renommée de l’artiste russophone, de grands noms vont se succéder sur les scènes du festival : Yehudi Menouin, Martha Argerich, Jessy Norman ou encore Mistislav Rostropovitch, pour n’en citer que quelques-uns.
2023 : Alain Altinoglu prend la relève à la tête du festival
En 2020, le festival marque une pause de trois ans. Comme pour beaucoup d’évènements culturels, les éditions 2020 et 2021 sont annulées à cause de la pandémie du Covid-19. En 2022, c’est le contexte de la guerre en Ukraine qui empêche le festival d’avoir lieu. Par la suite, et malgré la prise de position de Vladimir Spivakov contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le festival décide de prendre un nouveau départ à la direction artistique. C’est ainsi qu’arrive en 2023 le chef français Alain Altinoglu, qui apporte au festival une vision neuve qui s’articule autour de la continuité et de l’innovation.
2026 : une 45ème édition qui promet d’être palpitante
Koïfhus, théâtre municipal, église Saint-Mathieu … Des lieux emblématiques au service de la musique
Dans le cadre de ce festival, les lieux ne sont pas uniquement des espaces neutres utilisés comme salles de concert. Ils sont également des décors uniques qui s’inscrivent hors du temps, capables d’accompagner au mieux l’intensité de la musique.
Ainsi, au cœur du quartier touristique de la ville de Colmar, trois monuments principaux sont utilisés, historiquement, pour accueillir les différents concerts. Il y a le Koïfhus, un ancien centre douanier qui, à l’époque, représentait la puissance économique de la ville. Le deuxième est le théâtre municipal, dont l’architecture est inspirée du classicisme, possédant un aménagement intérieur à l’Italienne, supervisé par l’artiste décorateur parisien Boulangé. Enfin, l’église Saint-Mathieu complète ce trio architectural éblouissant, une ancienne église des franciscains fondée à partir de 1290, chef d’œuvre du style des ordres mendiants alsaciens.
Un mélange des genres et des cultures pour créer une diversité artistique
Alain Altinoglu veut mettre en avant, dans cette édition, le signe de la diversité et du mélange artistique. Il aime l’idée que la musique classique puisse se nourrir d’autres genres musicaux, dans une perspective moderne et originale. Il s’intéresse notamment aux sonorités du jazz et des folklores d’Europe de l’Est, essayant de les utiliser de manière originale afin d’enrichir les tonalités de la musique classique. Il promet ainsi une ouverture artistique qui saura séduire les spectateurs de tous les âges et horizons.
Masterclasses, Colmar Symphonic Mob… Un échange entre musiciens professionnels et jeunes artistes
Durant ce festival, le public aura non seulement l’occasion d’assister à des concerts d’envergure internationale, mais aussi d’apprendre et de jouer avec les plus grands. En effet, des Masterclasses seront ouvertes pour permettre aux jeunes musiciens de recevoir un cours de la part d’artistes renommés. Parmi eux, on peut citer Yuja Wang, Gautier Capuçon ou encore Viktoria Mullova. Des jeunes talents en pleine ascension complèteront l’équipe du festival, menés par Alexander Malofeev ou encore Tim Mead.
Le symphonique Colmar Symphonic Mob fera également son grand retour en 2026. Ce dispositif original cherche à créer une interaction entre musiciens professionnels et amateurs, afin de rendre la musique accessible au plus grand nombre. Il offre à toutes les personnes pratiquant un instrument la possibilité de jouer avec un musicien professionnel, sans tenir compte du niveau ou de l’âge. Ce n’est pas la performance qui est recherchée ici mais plutôt la passion artistique et le partage : il suffit d’être enthousiaste et d’apporter un instrument avec soi pour monter sur scène.
Ainsi, la 45ème édition du festival international de Colmar, qui se tiendra du 5 au 14 juillet 2026, promet d’être une réussite à tous les niveaux. Porté par un directeur artistique innovant et talentueux et par une histoire riche, celui-ci est bien plus qu’un festival de musique classique. C’est avant tout un moment d’échange, de partage, un dialogue international où les notes de musique remplacent les mots… Un évènement qui n’a pas fini de rayonner en Alsace et au-delà.
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